Chloroquine et Coronavirus

Ce qu'il faut savoir sur ce traitement à la base prometteur...

La prescription de la chloroquine sous forme d’hydroxychloroquine est depuis le 27 mai 2020 interdite aux malades et personnes atteintes du Covid-19 sur décision du ministre de la santé Oliviere Véran. 

Le Professeur Raoult, à l’origine des études prometteuses sur la chloroquine face au coronavirus (SARS-CoV-2) mit en cause. 

Qu'est-ce que la Chloroquine ?

La Chloroquine est un médicament habituellement utilisé comme traitement comme prévention contre le paludisme ainsi qu’en rhumathologie et en dermatologie pour traiter la polyarthrite rhumatoïde ainsi que certains lupus (maladie de la peau). 

 

Cette molécule existe sous forme de comprimés s’administrant par voie orale. Habituellement commercialisé sous le nom de Nivaquine associé avec du Proguanil chlorhydrate sous le nom de Savarine. 

Structure chimique de la Chloroquine

Qu'est-ce que l'Hydroxychloroquine ?

L’hydroxychloroquine est une molécule dérivée de la chloroquine dont sa structure chimique est proche, les propriétés sont communes. Cependant l’hydroxychloroquine ne possède pas d’indication dans le traitement du paludisme en France. 

Habituellement utilisée depuis de nombreuses années dans le traitement de certaines pathologies auto-immunes on retrouve cette molécule sous le nom de Plaquenil. Ce médicament est prescrit chez les personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde et de lupus érythémateux. Le plaquenil peut aussi être utilisé comme prévention pour les allergies provoquées par le soleil (lucites). Il s’administre comme la chloroquine par voie orale sous forme de comprimé. 

structure hydroxychloroquine
Structure chimique de l’hydroxychloroquine

La Chloroquine face au Covid-19

La chloroquine ou son dérivé l’hydroxychloroquine a été autorisée en France aux patients Covid-19 par décret le 26 mars 2020 face à l’afflux de maladies dans les hôpitaux grâce aux recherches orchestrées par le Professeur Didier Raoult, spécialiste dans les maladies infectieuses tropicales émergentes à Marseille.


Cependant, depuis le début de l’épidémie, l’administration aux patients atteints du covid-19 fait polémique. D’un côté, Le Pr. Raoult, de l’autre les professionnels de santé préférant rester prudents face aux effets secondaires indésirables (principalement au cœur) pouvant surgir après un traitement à la chloroquine.

 

Durant le période de confinement en mars a eu lieu le projet Discovery lancé en France et coordonné par l’Inserm sur 3200 patients atteints du coronavirus en Europe dont 800 français. Ce projet expérimental devait faire en sorte de mieux connaître l’efficacité de la chloroquine sur le coronavirus. Seulement il y a une trop faible participation des pays européens à ce projet et donc aucunes conclusions n’ont été publiées.

 

Par la suite, le 22 mai 2020 des chercheurs ont dévoilé au grand public une grande étude nommée « Lancet ». Cette étude a permis de trancher vis-à-vis de la chloroquine : L’utilisation de la chloroquine contre le coronavirus n’y apporte aucun avantage. C’est pourquoi le Haut Conseil de la Santé Publique a émis un Avis défavorable sur l’utilisation de cette molécule dans le traitement du Covid-19. En réponse, le ministre de la Santé Olivier Véran a interdit la prescription de ce traitement dans cette indication le 27 mai.

Pr. Didier Raoult et la Chloroquine

En France, le Professeur Didier Raoult préconise l’usage de ce médicament chez les patients atteints de formes graves du covid-19 afin de le soigner et donc en attendant un éventuel vaccin contre le coronavirus. Pour la première fois, le Didier Raoult a administré le 16 mars 2020 à 20 patients malades de son service à raison de 600 mg d’hydroxychloroquine par jour associés à de l’azithromycine (antibiotique). Six jours après, il indiquait que seuls 25 % d’entre eux étaient encore porteurs du virus, tandis que  90% de ceux qui n’avaient pas reçu le traitement étaient toujours positifs.

 

 

Son étude et l’administration de l’hydroxychloroquine a poursuivi son cours et le 27 mars il publiait de nouveaux résultats sur 80 patients atteints du covid-19 soit seulement 2 semaines après le début du confinement en France. 

Que dit l'étude Lancet face à l'utilisation de la chloroquine ?

D’après les chercheurs à l’origine du projet Lancet : « Nous n’avons trouvé aucune preuve que l’utilisation de l’hydroxychloroquine, avec ou sans l’azithromycine, pour réduire le risque de ventilation mécanique chez les patients hospitalisés avec Covid-19 ». De plus « une augmentation de la mortalité globale a été identifiée chez les patients traités par l’hydroxychloroquine seule. »

Quels sont les effets secondaire de la Chloroquine ?

Les effets indésirables de la chloroquine (donc des médicaments suivant : Nivaquine et Plaquenil quand il s’agit de l’hydroxychloroquine) sont nombreux :

 

  • des troubles digestifs avec nausées, vomissements et diarrhées ;
  • des réactions allergiques ;
  • des insomnies, une
  • dépression, agitation, anxiété, agressivité, troubles du sommeil, confusion, hallucination.
  • des maux de tête, des étourdissements, convulsions ;
  • des troubles de la vue avec une vision floue. De rares cas de rétinopathies liées à l’accumulation de la molécule ont été observés.
  • des démangeaisons.
  • des douleurs locales, ressemblant à des brûlures, picotements, ou décharges électriques au niveau des mains et des pieds.
  • des hypoglycémies (d’où une méfiance de rigueur chez les patients diabétiques)
  • des affections hépatobiliaires : hépatite survenant notamment chez les patients porteurs d’une porphyrie cutanée tardive.